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Portrait Karmique

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LA DÉMATÉRIALISATION DES SERVICES ADMINISTRATIFS

En quoi le design peut-il permettre de ré-articuler analogique et numérique au sein des services administratif ?

1.Définitions et contexte

La dématérialisation est le remplacement des supports matériels par des fichiers informatiques et des ordinateurs. Ce mot peut être mis en lien avec l’informatisation (une évolution de la société où l’on assiste à un développement du numérique : augmentation du nombre d’ordinateurs / d’applications) et la numérisation (passage du papier à l’écran : conversion d’un support analogique ou d’un signal électrique en données numériques c’est-à-dire un changement de matérialité).

Le mot immatériel vient du latin immaterialis, de in privatif, et materia, matière. Il s’agit donc d’une absence de matière. Le mot apparaît pendant la désindustrialisation de l’Europe, vers 1970 alors que de nombreux sites de production ferment bouleversant ainsi les sociétés organisées autour de l’industrie. On assiste alors à un passage du capitalisme industriel à un capitalisme cognitif, c’est-à-dire de la production en masse et de la séparation entre ceux qui détiennent le facteur productif capital et ceux qui détiennent le facteur productif travail, à une production axée vers la connaissance, une production de l’homme par l’homme. L’efficacité n’est plus vue comme le gain de temps de travail, elle se situe dans le processus d’apprentissage et d’innovation. On parle d’une économie du savoir ou de l’immatériel : la mondialisation réduit la rémunération du travail physique, et accroît au contraire le profit des « idées », on donne de la valeur à l’information, aux connaissances. Ainsi, la capacité créatrice est dans la tête des détenteurs des connaissances, non dans celles du propriétaire des machines. On peut constater qu’une valeur importante est donnée aux informations personnelles, ainsi avec les réseaux sociaux l’utilisateur devient producteur d’informations qui peuvent être vendues tels des biens. Nous pouvons noter que nous ne vivons pas une fin de l’industrie mais sa mutation profonde. On ne parle donc pas de société post-industriel mais de société hyper-industrielle. Effectivement, la part de la population mondiale impliquée dans les activités industrielles est de 5% et reste stable depuis deux siècles même si la répartition géographique à évolué et s’est concentrée vers la Chine. Par ailleurs, il convient de prendre en compte que le numérique n’est pas si immatériel que l’on peut le croire, il relève de la matière (métaux, plastique, terres rares) et se révèle être un important consommateur d’énergie, l’idée commune le faisant passer pour écologique (« En choisissant la facture électronique, vous réduisez votre impact sur l’environnement. ») est donc à remettre en question. Pour Pierre Veltz, ingénieur et sociologue, nous assistons à une recomposition de l’industrie, qui s’appuie sur la convergence entre industrie et services. Aujourd’hui il devient, en effet, compliqué de catégoriser des entreprises comme Apple ou Google (elles se caractérisent à la fois par l’industrialisation des services et par la généralisation d’une orientation « servicielle » de l’industrie) et désormais les pôles de recherche, les unités commerciales ou les centres logistiques deviennent industriels.

2.Une société organisée en réseaux

L’une des caractéristiques majeure de la nouvelle organisation de la société et des entreprises est le fonctionnement en réseau et, force est de constater, que le numérique à modifier l’échelle et l’ampleur de la diffusion d’idées. Effectivement, le numérique facilite la duplication, le partage et donc la consultation des documents. En effet, les moyens de copie et téléchargement de données ont grandement évolué : des reproductions faites à la main par des scribes, des moines copistes, les tampons des stèles par les Chinois ou encore à l’aide de copies carbone, aux moyens plus mécaniques tels que l’imprimerie pour arriver aux moyens numériques comme la photocopie, scanners ou même plus récemment des applications comme Scribzee qui permettent par reconnaissance de « scanner » avec un portable une page de carnet. Ainsi, les documents numérisés, plus facilement accessible, permettent une popularisation de certains ouvrages et donc de la culture (nombre de livres antérieurs aux années 1860 sont aujourd’hui trouvable gratuitement et légalement en format numérique). Cette popularisation d’une forme de culture est visible au travers du geste des lecteurs d’annoter, de compléter, de questionner, de mettre en relation et finalement de partager leurs commentaires sur les ouvrages avec les autres lecteurs. Ainsi, les lecteurs enrichissent les productions existantes, deviennent des auteurs du complexe du livre et créer progressivement une cartographie, un réseau de la culture.

3. Fracture numérique et inégalités

La dématérialisation, pour qui ? qui l’utilise ? accessible à tous ? Dans une économie en réseau, les inégalités progressent également. En effet, l’accès à internet n’étant pas égal pour tous, on peut constater l’importance de la fracture numérique qui s’est mise en place. Elle se distingue à 3 niveaux : accès à internet, capacité à utiliser les outils et compression des informations issues de ces outils. Effectivement, si on peut penser qu’avoir une adresse mail peut simplifier le remplissage des dossiers administratifs d’une personne sans adresse postale, elle ne la remplace pour autant pas et nécessite un accès à internet pour pouvoir la relever. Dans le même ordre d’idée, les personnes âgées, celles vivants dans des lieux assez peu couverts par le réseau internet ou les personnes dont les moyens ne suffisent pas à avoir un accès à internet sont tenues à distance et l’informatisation des services administratifs peut devenir un véritable problème. On peut ainsi constater que les derniers jours avant la fin de la déclaration des impôts, des files d’attente importantes sont toujours présentes devant les centre des impôts ce à quoi s’ajoute un site internet, pour déclarer ses revenus, saturé par tous les retardataires. Le problème est loin de se poser uniquement pour la déclaration d’impôts, les lycées remplissent leurs vœux post-bac sur un site internet, de plus en plus de factures sont numériques, certains tickets de caisse le sont aussi…

4. Le design graphique comme solution ?

À t’on besoin d’un graphiste ? que peut t’il apporter ? quel rôle joue t’il ? Le design graphique peut être un moyen de ré-articuler analogique et numérique de façon à limiter la fracture numérique et à ré humaniser des secteurs de chiffres et de tableaux qu’il est parfois difficile de comprendre. (voir idée de « concrétisation » de Gilbert Simondon) Cependant nous sommes forcé de constater que peu de graphistes ne sont penchés cette question. En effet, comme l’exprime Florian Cramer, les graphistes se concentrent bien plus sur le marché luxueux des livres artisanaux ou du graphisme d’auteur que sur l’exploration des médias numériques. Le graphiste peut pourtant avoir un rôle important dans la compréhension des informations en développant l’interface des sites internet : en hiérarchisant les données et en facilitant l’expérience de l’utilisateur. Nous pouvons tout de même repérer quelques travaux intéressants :

accessible à tous

Références

Sitographie

Bibliographie

Banques d'images

Caractère Univers, Adrian Frutiger Caratcère Minuscule, Thomas Huot Marchand

Isotype, Otto Neurath

Éditions Volumiques, The Night of the Living Dead Pixels

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