Macro-projet

Recherches liées au Macro projet

Aller à contre courant de toutes les formes de l’image produite par la fétichisation dans le but de les déconstruire serait un procédé long et improductif qui serait mené à se voir étouffer. Afin d’ancrer mon projet dans une action concrète, je souhaite exploiter les formes d’images et de diffusion que s’est approprier le fétichisme. Il ne s’agit pas de les faire disparaître mais de les repenser et de les réorganiser afin de démystifier leur images. C’est pourquoi mes dispositifs tourneront autour d’objets portés sur l’ajout de visible au visible tel que l’image à 360 degrés, la réalité augmentée, l’image web ou le vidéo mapping. Tout d’abord, je détaillerai des pistes de projets et supports vers lesquels mes expérimentations m’ont conduitent. Enfin, je proposerait brièvement des contextes d’utilisation dans le cadre d’un macro-projet.

Cartographie du réemplois

Le web et internet sont des médias de diffusion où l’information est relayée dans une quasi instantanéité. Les images y sont diffusées prises, reprises, rediffusées et décontextualisées à un tel point qu’il en devient parfois impossible d’en retrouver l’origine. Le phénomène ne date pas d’internet, déjà avant une photographie de presse pouvait être exporté pour devenir une publicité qui elle-même pouvait être exportée pour devenir un tableau dans un musée lequel pouvait être exporté pour inspirer une séquence cinématographique. Les entreprises de communication peuvent ainsi étendre le pouvoir des images. De supports en supports, d’articles en articles, les images sont recadrées et décontextualisées, réemployées, accompagnées de textes et informations différentes. L’immense base d’informations que représente internet et la possibilité qu’il offre de mettre en commun des informations similaires par des liens hypertexte, permet d’offrir aux spectateur l’ajout de nombreux éléments lui permettant de recontextualiser une image.

Version numérique : J’ai pensé à une mise en page web où le contenu en hors-champ, déborderait continuellement de tout les côtés du cadre. Renvoyant ainsi à l’incomplétude des informations et des images qui sont données à voir. La navigations s’effectueraient comme sur une carte sur laquelle le doigt ou le curseur suivrait une route qui le conduirait vers les différentes chemins qu’a emprunté une image, se balader dans l'image et le texte et mettre en relation les unes et les autres.

Version imprimé : Ce principe peut être réemployé dans le cas de l’édition presse, afin de mettre en relation des articles passés avec l'actualité d'aujourd'hui. Une mise en page en réseau qui fonctionnerait comme des liens hypertexte et permettrait d'explorer un fait en profondeur en mettant les mots, les textes et les images en relation.

L’image en mouvement

L’image en mouvement, comme l’oeuvre en mouvement décrite par Umberto Eco ne trouve pas de fin et évolue continuellement au rythme de ses interactions. L’idée n’est pas de dépourvoir l’image de tout contexte mais de ne pas en figer l’interprétation. Le contexte de l’image se reporterait alors ailleurs que dans son champ mais dans son processus de fabrication dans les éléments qui cadreront une esthétique en perpétuel renouvellement. Une telle image générative pourrait changer selon les évolutions de l’environnement dans lequel elle est placée. Elle pourrait se connecter et adopter des formes directement en lien avec l’actualité la concernant ou non. Il pourrait tout autant s’agir d’une image modulable et interactive dont les modules adopteraient des formes diverses permettant des combinaisons infinie. L’objectif de tout ceci est d’amener une image en cohérence avec le monde, parlant à tous, peu importe le temps qui passe et alimentant continuellement l’échange. Pour faire la place à un exemple, cet objet peut exploiter la projection-video couplé de la kinect sur un espace public. Il peut aussi s’agir d’une image générative s’articulant avec une image fixe par le biais du mapping, donnant lieu à des collages infinies.

L’image à 360 degrés

L’image à 360 degrés a son lot d’avantages et son lot d’inconvénients. Celle-ci place automatiquement le spectateur dans une posture active en le faisant devenir cadreur. Cependant elle peut laisser croire à l’absence de cadre, que tout est donné à voir et laisser croire à une immanence du sens. Elle laisse croire à une absence du cadre mais ce dernier n’a fait que se déplacer à l’intérieur du code. Dans ce cas spécifique il n’est pas question d’en utiliser les fonctions d’immersion mais les fonctions narratives. L’image à 360 permet une découverte progressive de l’image et donc d’y installer une trame, un rythme ou la surprise. Il est ainsi possible dans une même image de confronter le point de vue de deux personnes distinctes, glissant de l’un à l’autre en même temps que l’on avance dans la découverte de l’image. Le but ici n’est pas de créer l’illusion mais au contraire d’ouvrir le débat et l’interprétation d’une image. Je parle ici de deux point de vue mais il pourrait en être question de beaucoup plus. Ici, il ne s’agit pas réellement d’un hors-champ, celui ci est illusoire car entièrement visible. Cela pourrait être requestionné si le tour de l’image devenait infini par un système génératif. Le hors-champ se renouvellerai